Frapper la PIDC droit dans le mille
Un essai clinique au Neuro espère qu’une thérapie de précision permettra de réduire la réponse auto-immune à l’origine de cette maladie inflammatoire rare
8 avril, 2026 || par Sophie Lorenzo
Les maladies auto-immunes peuvent être particulièrement difficiles à traiter. Les médecins doivent pouvoir modérer la réaction excessive du système immunitaire lorsqu’il confond les cellules de l’organisme avec des pathogènes et les attaque. Or, les traitements actuels peuvent bloquer le système immunitaire de manière excessive, le réprimant au point de rendre les patients vulnérables aux infections et d’entraîner d’autres effets secondaires à long terme.
Une frappe ciblée
Les médecins ont besoin d’une approche beaucoup plus précise, ciblant directement la partie de la réponse immunitaire responsable des problèmes. C’est l’objectif d’un essai clinique mené au Neuro (Institut-Hôpital neurologique de Montréal) pour la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC), une maladie inflammatoire rare où une partie du système immunitaire attaque les gaines de myéline qui protègent les nerfs périphériques.
« Cette étude est très prometteuse », déclare le Dr Rami Massie, neurologue spécialisé dans les maladies neuromusculaires et chercheur principal de l’étude à l’Unité de recherche clinique du Neuro. « Lors de l’essai clinique de phase 2 pour ce traitement, les participants atteints de PIDC ont bien répondu, y compris certains dont l’état était résistant à la norme de soins. Les résultats sont encourageants. »
Selon CIDP Canada, les personnes atteintes de cette maladie ressentent des picotements, des brûlures, un engourdissement et une faiblesse musculaire dans les bras et les jambes, ce qui rend des activités comme la marche très difficiles. Elles peuvent également souffrir de fatigue, de pertes d’équilibre et d’une diminution des réflexes, ce qui perturbe considérablement leur vie quotidienne. La PIDC peut toucher les personnes de tous âges et des deux sexes, mais elle est plus fréquente chez les hommes et survient plus souvent après 50 ans.
Les participants atteints de PIDC ont bien répondu lors de l’étude précédente, y compris certains dont l’état était résistant aux traitements standards. Les résultats ont été prometteurs.
Déjouer le complément
L’essai clinique évaluera si un nouveau traitement potentiel peut bloquer la réponse immunitaire à l’origine des symptômes de la PIDC en ciblant le système du complément – un ensemble de protéines qui constituent la première ligne de défense de l’organisme, réagissant immédiatement aux agents pathogènes comme les bactéries et les virus. Dans la PIDC, une partie du système du complément est déréglée : elle attaque d’abord et pose ensuite des questions.
« Le traitement étudié est une protéine conçue pour agir comme des anticorps humains dans le système immunitaire. Elle se lie à une cible unique et bloquer son activité. Ce type d’approche a donné de bons résultats dans le traitement de la myasthénie grave généralisée, et nous espérons qu’il sera efficace dans la PIDC », conclut le Dr Massie.
C’est l’une des premières fois qu’un inhibiteur du complément est étudié pour traiter la PIDC. Le Neuro est l’un des trois seuls centres au Canada à mener cet essai clinique de phase 3.
Les personnes intéressées n’ont pas besoin d’interrompre leur traitement habituel pour participer à l’essai. Pour plus d’information, veuillez communiquer avec nm.neurocru@mcgill.ca ou consulter cru.mcgill.ca/fr/nm.
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