La thérapie par ARN pourrait redéfinir l'avenir de la maladie de Charcot-Marie-Tooth

Le Neuro est l’un des trois seuls centres au monde à mener un nouvel essai clinique visant à freiner la progression de la maladie

2 mars 2026 |   par Sophie Lorenzo

La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est plus fréquente au Canada que la fibrose kystique ou la myasthénie, tout en demeurant moins connue. Il n’existe actuellement aucun traitement curatif pour la CMT, pourtant la neuropathie héréditaire la plus courante.

C’est pourquoi l’Unité de recherche clinique du Neuro (Institut-Hôpital neurologique de Montréal) est fière d’être l’un des trois seuls centres au monde à proposer un essai clinique pour un nouveau traitement potentiel à base d’ARN, destiné à stopper la progression de cette maladie génétique. « Cet essai est particulièrement prometteur car il étudiera une forme de thérapie génique qui cible directement le mécanisme de la maladie. C’est une approche inédite pour la CMT. La plupart des traitements visent à ralentir la progression de la maladie. Si nous pouvions l’arrêter complètement, ce serait une avancée majeure », explique le Dr Rami Massie, neurologue et l’un des principaux investigateurs des essais neuromusculaires au Neuro.

Une évolution individuelle de la maladie

La CMT est un groupe de maladies génétiques héréditaires et progressives qui endommagent les nerfs périphériques et affectent les muscles des jambes, des pieds, des mains et des bras. Selon la Fondation canadienne des neuropathies héréditaires, la CMT touche une personne sur 2 500. Elle entraîne des engourdissements, une faiblesse musculaire et une perte de motricité fine qui s’aggravent lentement avec le temps. Les personnes atteintes peuvent avoir besoin d’orthèses, de physiothérapie, d’ergothérapie et parfois même d’interventions chirurgicales pour préserver leur qualité de vie.

Dans la forme la plus courante, la CMT de type 1, la gaine de myéline qui protège les axones (les longues fibres nerveuses responsables de la transmission des signaux électriques) se détériore progressivement. Lorsque la myéline est endommagée, les signaux nerveux sont ralentis ou complètement interrompus.

« La maladie peut se manifester à différents degrés de gravité et progresser à des rythmes différents. La plupart des personnes sont diagnostiquées au début de la vingtaine, mais il existe une grande divergence. Certaines personnes ne remarqueront aucun symptôme avant la quarantaine, tandis que d’autres présentent des symptômes dès l’enfance », explique Massie.

Cibler la bonne protéine

La majorité des cas de CMT1 sont causés par une duplication du gène PMP22, qui code pour une protéine appelée protéine myélinique périphérique 22 (PMP22). Cette duplication entraîne une surproduction d’ARN, qui devient toxique et provoque la dégénérescence cellulaire.

« Ce traitement potentiel vise à cibler l’ARN messager spécifique qui ordonne aux cellules de produire la protéine PMP22. L’objectif est de réduire la quantité d’ARN toxique afin que les cellules produisent moins de cette protéine et que son taux se rapproche de la normale », explique le Dr Massie.

Vers une thérapie modifiant l’évolution de la maladie

« C’est passionnant, car deux autres neuropathies héréditaires ont bénéficié d’un traitement similaire à base d’ARN avec une grande efficacité ; chez certains patients, la progression de la maladie a été arrêtée et leur état s’est amélioré. Si le traitement de cet essai clinique donne des résultats similaires, il s’agirait de la première thérapie modifiant l’évolution de la CMT1. Nous espérons qu’un jour, nous pourrons traiter les patients porteurs de cette variante génétique avant même l’apparition de leus symptômes », conclut le Dr Massie.

Pour plus d’information, veuillez communiquer avec l’équipe des maladies neuromusculaires de l’Unité de recherche clinique du Neuro : nm.neurocru@mcgill.ca, (514) 398-5500 ou consultez le site cru.mcgill.ca/nm.

 

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