De nouvelles options pour la maladie de Huntington
Le Neuro mènera quatre essais cliniques sur cette maladie rare cette année, soit plus que tout autre centre au Québec
8 juillet 2026 || par Sophie Lorenzo
« Les personnes atteintes d’une maladie rare font face à une condition pour laquelle il existe très peu d’options thérapeutiques, voire aucune. Il est essentiel de continuer à approfondir nos connaissances sur ces maladies afin de pouvoir mettre au point des approches efficaces. Les patients méritent d’avoir accès à des thérapies émergentes », explique le Dr Massimo Pandolfo, neurologue et généticien spécialisé dans les troubles du mouvement et directeur médical de l’Unité de recherche clinique du Neuro (Institut-Hôpital neurologique de Montréal).
La maladie de Huntington est une condition neurologique évolutive que l’on décrit parfois comme un croisement entre la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Elle survient en pleine force de l’âge et entraîne une dégradation accablante, marquée par des troubles émotionnels, cognitifs et physiques. Il n’existe aucun traitement efficace pour ralentir ou stopper la maladie.
En tant que chef de file de la recherche neurologique, le Neuro mènera quatre essais cliniques sur la maladie de Huntington cette année, soit plus que tout autre centre au Québec.
Il est essentiel d’approfondir nos connaissances sur les maladies rares comme la maladie de Huntington afin de mettre au point des approches thérapeutiques efficaces. Et les patients méritent d’avoir accès à des thérapies émergentes.
Lorsque l’ADN perd le nord
La maladie de Huntington est causée par une mutation du gène HTT, qui fournit les instructions nécessaires à la production d’une protéine appelée huntingtine. Tout le monde a un court segment d’ADN dans le gène HTT où la séquence de trois lettres « CAG » se répète plusieurs fois. Chez les personnes atteintes de la maladie de Huntington, cette séquence CAG est répétée beaucoup plus souvent que la normale.
Ces répétitions supplémentaires entraînent la production d’une protéine huntingtine comportant un segment anormalement long, ce qui la rend sujette à un mauvais repliement et à la formation d’amas toxiques à l’intérieur des cellules nerveuses. Avec le temps, ces amas endommagent et tuent les neurones, en particulier dans les régions du cerveau contrôlant les mouvements, la pensée et les émotions, ce qui provoque l’apparition progressive des symptômes de la maladie.
« Actuellement, les équipes de soins utilisent des médicaments pour traiter la dépression et les troubles psychiatriques, ainsi que pour réduire les mouvements involontaires », explique le Dr Pandolfo. « Mais l’idéal serait de cibler l’anomalie génétique à l’origine de cette maladie invalidante. »
L’identification des signatures génétiques les plus fréquentes associées à la mutation constitue une première étape cruciale pour rendre possibles ces traitements hautement ciblés.
Identifier des signatures génétiques
Parmi les études proposées par l’Unité de recherche clinique du Neuro (Neuro CRU) figure un important projet observationnel visant à soutenir le développement de thérapies géniques plus précises contre la maladie de Huntington.
Les chercheurs souhaitent identifier des « signatures » génétiques naturelles transmises en même temps que la mutation du gène HTT responsable de la maladie. Ces signatures pourraient permettre aux futurs traitements de neutraliser sélectivement la copie nocive du gène tout en laissant la copie saine intacte. La maladie de Huntington étant une affection rare, chaque participant apporte une contribution précieuse à l’avancement de la recherche.
« Cette étude nous aidera à identifier les signatures génétiques liées à la mutation du gène HTT responsable de la maladie chez chaque participant. Les chercheurs mettent au point des thérapies conçues pour neutraliser uniquement la copie mutée du gène tout en préservant la copie normale. L’identification des signatures génétiques les plus fréquentes associées à la mutation constitue une première étape cruciale pour rendre possibles ces traitements hautement ciblés », souligne le Dr Pandolfo.
Cibler l’ARN défectueux
Un autre essai phare mené au Neuro évalue si un traitement par voie orale peut ralentir la progression de la maladie de Huntington en réduisant la production de la protéine huntingtine nocive. Le traitement agit en modifiant le traitement du message ARN du gène HTT, provoquant sa dégradation avant qu’il ne puisse servir à produire la protéine responsable de la maladie.
Lors d’un précédent essai clinique de phase 2, le traitement s’est révélé sûr et bien toléré, tout en réduisant de manière significative les taux de protéine huntingtine mutante. Un suivi de 24 mois a également suggéré un ralentissement de la progression de la maladie proportionnel à la dose administrée. Ce nouvel essai évaluera l’innocuité et l’efficacité du traitement auprès d’un plus grand nombre de participants.
Pour en savoir plus sur les études sur la maladie de Huntington , veuillez consulter cru.mcgill.ca/fr/troublesmouvement ou contacter mvt.neurocru@mcgill.ca; (514) 398-5500.
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